SOCIETE

Conférence-débat : une réflexion sur la promotion de la langue maternelle

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Une conférence-débat organisée par l’association Bantu culture, en partenariat avec l’école Mère Teresa, a eu lieu le 26 février dernier, dans le cadre de la célébration en différé de la Journée internationale de la langue maternelle sur le thème « L’imposture de la langue maternelle en milieu scolaire ».

Le promoteur et administrateur général de l’école Mère Térésa, le Dr Stanislas Fortuné Okana, a fait savoir que la Journée internationale de la langue maternelle vise à promouvoir la diversité linguistique et culturelle ainsi que multilinguisme. Le Congo, a-t-il dit, compte à ce jour selon les ethnologues et linguistes de référence soixante-quatorze ethnies et quatre cent cinquante langues maternelles. « Comme vous pouvez le constater, toute cette richesse peut être la crème d’une abondante littérature riche et diversifiée. Fort de cette réalité, l’École Mère Teresa associe sa voix à celles de toutes les personnes et les organisations au plan national qui incitent les pouvoirs publics à conjuguer des actions visant l’apprentissage, la promotion et la vulgarisation de nos langues maternelles afin de préserver notre patrimoine linguistique et culturel pour les générations futures. C’est sans nul doute dans cet esprit que va se dérouler la conférence débat de tout à l’heure », a-t-il déclaré.

Le Dr Stanislas Fortuné Okana a souhaité que ces échanges apportent plus de lumière sur l’importance de la thématique.

« Chaque peuple a une civilisation, il ne peut exister une civilisation (culture) sans langue car les deux vont ensemble. La définition française sur la langue maternelle ne nous arrange pas sachant que la langue maternelle est censée être la langue d’origine des parents. Une langue que ces derniers ont héritée de leurs ancêtres… Prenons les exemples sur les pays d’Afrique de l’est et la République démocratique du Congo qui ont instauré leurs langues d’origine dans le milieu scolaire. Apprenons à nos enfants nos propres langues », a déclaré, pour sa part, Credo Eguenin, ethnologue et musicien, dans son exposé.

Ouvrant la conférence-débat, le président de l’association Bantu culture, Cherel Otsamigui, est revenu sur l’historique de cette journée dont l’initiative de la célébrer vient de l’Unesco depuis 1999. C’est finalement le 21 février 2000 que la journée a été proclamée. Et depuis lors, le 21 février de chaque année est célébrée la Journée internationale de la langue maternelle.

Connaissant le rôle que joue la langue maternelle au sein de la famille, ne pas la maîtriser serait une acculturation, a martelé Cherel Otsamigui… « Tous les peuples du monde le savent. C’est pour cela que Bantu culture, qui œuvre pour la promotion du patrimoine culturel matériel et immatériel des peuples bantous, vu l’intérêt de cette journée, a eu l’initiative de fêter cet événement afin d’atteindre les objectifs durables du développement. Soyons sûrs que nous y arriverons », a déclaré le président de l’association Bantu culture.

Après les interventions de Credo Eguenin (ethnologue et musicien), Céleste Elikia (journaliste), Glory Oyindza (enseignant de français), et Bertin Dzangué (griot), s’en est suivi le débat par une séance interactive. L’occasion a été donnée à tous les participants de connaître davantage l’importance des langues maternelles.

Notons que l’association Bantu culture est un cadre institutionnel qui œuvre pour la création et l’expression artistique, la lutte pour la récupération des jeunes en vue de leur intégration sociale. Accompagnant l’État congolais dans le domaine culturel, elle vise à promouvoir les potentialités de la culture bantoue au niveau national et international ; à faire un pont entre la culture ancestrale et la culture contemporaine ; à aider les artistes à se faire connaître et à vivre à travers leur art ; à participer au développement personnel des jeunes talents ; à organiser des activités de réflexion et éducatives entre les couches juvéniles ; à conserver et promouvoir le patrimoine matériel et immatériel des peuples bantous ; à promouvoir la formation socioculturelle ; et à lutter contre les antivaleurs à travers l’éducation orale (le conte) et promouvoir des sites d’expositions des œuvres patrimoniales bantoues. Elle a été créé le 8 décembre 2019.

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