POLITIQUE

Congo: fortes tensions au sein du haut commandement militaire

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Contrôlé positif au covid 19 depuis quelques jours, le général Guy Blanchard Okoi, serait furieux, que les nominations des nouveaux généraux se fassent à son insu, et déclara à son ministre chargé de la défense, le général Richard Mondjo que la chaîne de commandement avait été mise à mal.

Que selon la loi, les ordres devaient venir du président de la république, qui les transmettait au ministre de la défense, lequel les relayait ensuite au chef d’état-major général… circonstances normales de commandement.

Mais toujours selon la loi, le rôle du ministre se limitait à la consultation, à la communication et au contrôle. C’était lui, le général Okoi, qui devait traiter avec le président pour tout ce qui concerne les problèmes opérationnels. Point.

« Je suis le ministre de la défense, rappela le général Richard Mondjo au général Guy Blanchard Okoi. Je fais partie de la chaîne de commandement ».
Cette déclaration du CEMG, le général Okoi, serait considéré comme un manquement aux règles disciplinaires d’où sa mise à pied, notifiée par le ministre Charles Mondjo.

Mécontent de cette décision qui suscita des vives tensions auprès du Groupement para commando, resté extrêmement confiant et fidèle à leur ancien commandant le général Okoi, commença alors un mouvement dans les casernes qui menaçait d’occuper les différents points sensibles de la capitale pour enfin prendre le palais présidentiel.

On apprend que c’est grâce au fraîchement promu général Fermeté Blanchard Nguinou, commandant du corps d’élite du GPC qui fera plier le déploiement de ses troupes qui se préparaient déjà à faire mouvement vers le palais présidentiel.

La panique est depuis palpable au sein du clan au pouvoir, le président accablé par l’ampleur que prend cette affaire et désormais conscient de son mauvais calcul, tente pacifiquement de la régler au plus vite. L’indésirable à la course du trône, le patron du conseil national de sécurité, Jean Dominique Okemba(JDO), mentor du général Okoi est paraît-il mis à contribution.

Pour rappel, dans les années 2010, Okoi et Nguinou servirent sous les ordres du ministre chargé de la défense Charles Zacharie Bowao, le colonel Nguinou en tant que commandant adjoint du Groupement para commando et le général Okoi comme commandant du GPC.
En 2012, le général Okoi nommé chef d’état-major général(CEMG), le colonel Nguinou le succède au GPC. On dit que les deux hommes se téléphonent si souvent chaque jour que leurs assistants les voient comme les frères siamois, résolus à partager absolument tout.

Sur instruction du président, l’objectif commun de ces deux officiers était d’accroître la défense du régime autoritaire, de tenter de désamorcer des fissures et des désaccords éventuels au sein de l’armée… mission accomplie en toute loyauté malgré les coups bas du clan au pouvoir.
Mais toute la question était de savoir de quelle façon et jusqu’à quel point ceux-ci pourraient être exploités par ce clan si l’on parvenait à les provoquer. Et sur ce point, les deux officiers Okoi et Nguinou étaient loin d’être d’accord.

C’est le 5 janvier, que le ministre chargé de la défense, Richard Mondjo, rédigea la mise à pied. Il en apporta au président, avec lequel il en discuta en détail. Malgré soi-disant la mise en garde d’un officier du haut commandement militaire participant, qui résuma la ligne choisie comme consistant à « touiller la soupe pour voir ce qui se passerait ». Or cette mise à pied comportait le risque de voir le général Okoi réagir…sa démission est déposée comme CEMG des forces armées congolaise(FAC).

Le président Denis Sassou Nguesso, fortement perturbé tente d’atténuer la crise. Il n’existe aucune autre solution de facilité pour répondre à cette crise que celle de lever cette sanction disciplinaire insensée. Et même, je sens que ce n’est pas fini… le mal est déjà fait. Qui vivra verra.

Par Paolo Moussala

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