ECONOMIE

Congo: Quelle est la qualité des contrats de partenariat Public Privé(PPP)?

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En l’absence d’une cartographie des secteurs et sous-secteurs publics capables d’attirer des partenaires privés et, surtout, d’une qualification sectorielle des ressources humaines congolaises en matière de PPP, qu’elle est la qualité des contrats de partenariat que le Congo noue avec des investisseurs privés?

Brazzaville abrite, le 25 mai prochain, un forum sur le partenariat public-privé (PPP). Éric Kenneth Mouritzen, le Ceo de la sud africaine Allegiance capital, désormais actionnaire majoritaire(52%) d’Ecair, y sera comme paneliste sur le thème bien imprécis et élastique:  » faire des transports un secteur porteur et attractif « . Peut-être, les organisateurs n’ont-ils pas voulu se situer dans le sous-secteur du transport aérien en rapport avec le cas Ecair et Nouvelle Air Congo, deux compagnies aériennes à capitaux publics passées sous l’escarcelle d’Allegiance Capital.

Un autre paneliste de taille, Jack Kayonga, le Ceo du holding Crystal ventures, qui, grâce au coup de pouce de Paul Kagame, vient de faire un coup double au Congo, notamment dans la reprise du site industriel de Maluku, au nord de Brazzaville et de la cession, par l’Etat congolais, de 12.000 hectares de terres pour des projets agricoles. Le Ceo de Crystal ventures prendra part au panel sur « Les zones économiques spéciales ou la clé de modernisation « .

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les 2 Ceo parleront des sous- secteurs dans lesquels ils ont déjà acquis des actifs au Congo. En clair, ils parleront de leurs investissements au Congo dans une approche de projections mirobolantes. Une espèce de printemps à venir.

De l’avis des experts interrogés, la stratégie congolaise en matière de PPP n’est pas encore pertinente. Quels sont les secteurs et segments identifiés par Brazzaville pour se lancer dans ces contrats où les investisseurs, mieux outillés et imbus de tact, disposent de la meilleure ressource humaine ou cabinet de renommée internationale grassement rémunérés pour en tirer meilleur profit?

Le ministère de la Coopération internationale et du partenariat public-privé, tant engagé sur ce chantier, n’aurait-il pas dû avant tout, stratégiquement, mettre l’accent sur des ressources humaines de qualité en matière de PPP, formées en fonction des secteurs et sous-secteurs préalablement identifiés (télécommunications, agriculture, industrie, infrastructures…), lesquelles, affectées dans les ministères de tutelle, devraient travailler en synergie avec sa direction ou conseiller en la matière? Faut-il noter que dans un secteur, on identifie plusieurs sous-secteurs qui peuvent faire l’objet d’un ppp: maintenance, financement, gestion…

À l’observation, les contrats ppp signés récemment n’en tiennent pas compte. Des fins limiers en la matière, inquiets, redoutent le manque de qualité dans certains contrats de ppp, faute de ressources humaines de qualité dans les secteurs du transport aérien et agricole, comme c’est déjà le cas.

Alphonse Ndongo, journaliste économique et financier, Brazzaville.

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