OPINION

Décentralisation au Congo : le Triple Echec

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Depuis a loi 9-2003 du 6 Février 2003, un cadre règlementaire et législative sur la décentralisation a été mis en place avec des institutions et force est de constater que depuis lors et cela fait 19 ans (20 ans dans 5 mois) qu’il n’y a pas eu de progrès substantiels aussi bien pour les citoyens des territoires que pour l’action publique en lui-même.


En l’absence des rapports sur l’efficacité et la pertinence du système mis en place qui devraient être normalement produites par le comité d’évaluation de la décentralisation, nous pouvons dire tenant compte de nos analyses, que la décentralisation au Congo connait un triple échec que sont : Un échec financier, un échec démocratique et un échec de développement et à cet effet il faut une évolution des textes afin de le corroborer aux aspirations du plus grand nombre.

L’Echec Financier est visible car toutes les collectivités locales de plein exercice accusent des retards de salaires de leurs employés (entre 5 mois et 67 mois). Les comptes budgétaires des collectivités n’étant pas toujours disponibles au public mais nous constatons que les collectivités attendent toujours des subventions qui doivent venir du Trésor et ceci crée une sorte de clochardisation des territoires.

Il faut donc revoir notre copie en donnant aux collectivités des instruments d’avoir plus de ressources afin ceux-ci puissent assurer pleinement leur mission avec bien sur des moyens de contrôles à priori et posteriori comme la mise en place des cours des comptes régionaux.

L’Echec Démocratique se voit premièrement dans la manière dont les élections se font et nous pensons qu’une élection à suffrage universelle pour Pointe Noire et Brazzaville (60% des Congolais y vivent) et non par des grands électeurs comme c’est fait maintenant devrait apporter un souffle nouveau.

En plus, la superposition des communes de plein exercice et des communs administrés dans un seul territoire (mairie centrale et maire d’arrondissement) crée une confusion totale et pose un réel souci de représentativité alors qu’il nous faut approfondir notre démocratie L’Echec de Développement est donc la résultante des deux échecs précédentes avec ici souvent un manque de programme et surtout de redevabilité pour les élus. Les compétences transférées ne sont pas exploitées avec comme raison principale : le manque d’argent.

Les territoires ne se développent pas si bien que quand vous faites l’intérieur du Pays, vous avez des bâtiments qui datent de l’époque coloniale et écoles de type moyenâgeuse et dans les villes, l’amélioration de qualité et du cadre de vie des citoyens n’est même pas pris comme indicateur par les élus. Après 20 ans, il est temps d’approfondir notre Décentralisation en adaptant nos textes à nos réalités et nos aspirations.

Luc Judy Nsangou

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