SOCIETE

Délinquance juvénile : Adolphe Mbou-Maba à la rencontre des « bébés noirs »

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Le Haut-commissaire à la justice restauratrice, Adolphe Mbou-Maba, a ouvert le 10 décembre à Brazzaville, une série de rencontres avec les « bébés noirs » pour les persuader à se détourner de la délinquance qui monte dans les grandes villes congolaises. Le premier arrondissement, Makélékélé, a été le point de départ de cette série de descentes. Ici, ses interlocuteurs ont fait de nombreuses propositions aux pouvoirs publics dont la plus essentielle est la création de l’emploi. 

Dans le but de recueillir les avis des victimes, témoins et acteurs des actes de violence, le Haut-commissariat à la Justice restauratrice, à la Prévention et au Traitement de la délinquance juvénile, que dirige Adolphe Mbou-Maba, s’est engagé à faire des descentes sur les différents arrondissements des grandes villes du Congo. Les habitants de Makélékélé sont, en effet, les premiers à émettre leurs propositions sur la question.

L’objectif de cette série de rencontres consiste à engager des échanges avec les jeunes sur leurs motivations et préoccupations existentielles et surtout sur leurs attentes par apport à l’action menée à leur endroit par le Haut-commissariat. Il s’agit de briser la barrière sociale par une communication directe en appréhendant le profil et l’univers de vie à partir d’une approche de la personnalité des sujets jeunes délinquants.

Expliquant le contexte de la rencontre, Adolphe Mbou-Maba a d’abord présenté les différentes missions de la structure dont il a la charge. Par la suite, il a signifié l’apport de tous afin de trouver des solutions définitives à cette situation. « Nous ne pouvons pas rester dans nos bureaux et estimer régler ce problème. Nous sommes sur le terrain pour vous écouter. Je me demande si vous êtes fatigués d’être Congolais car nous sommes surpris de voir les gens se proclamer Américains, Arabes…On se demande qu’est ce qui ne va pas ? », s’est-il interrogé.

Cette interrogation a donné lieu à un débat franc et direct qui a permis aux participants de déballer leurs inquiétudes ainsi que les causes de l’émergences de la délinquance juvénile.

Selon certains, le laxisme de la police, l’ingratitude des hommes politiques, la pauvreté, le manque d’initiatives au profit des jeunes, l’injustice sociale, le tribalisme et le désistement de l’Etat poussent la jeunesse à se lancer dans la rue.

D’autres ont estimé que l’heure n’est plus au discours mais il faut agir en mettant en place des politiques publiques susceptibles de prendre en charge la jeunesse qui, d’après eux, a un avenir incertain. « Dieu a béni le Congo mais nous ne bénéficions pas de cette grâce à cause du manque de dynamisme de certains dirigeants. L’Etat doit créer des entreprises pour occuper les jeunes. Etant donné qu’une entreprise est toujours rentable, tout le monde pourra se retrouver. Nous mangeons mal et les prisons sont pleines, pourquoi ne pas envoyer ces délinquants dans les forêts pour cultiver la terre, moyennant quelque chose et permettre au Congolais de consommer local ? », a demandé un jeune.

Notons que ce moment d’échange sera poursuivi ce 11 janvier à Moungali. Il a connu la participation non seulement des jeunes mais aussi de l’administrateur maire de Makélékélé, des chefs de quartier, de la force publique, des associations et des confessions religieuses.

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