POLITIQUE

Intégration sous-régionale : redonner au Congo sa vocation de pays de transit

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Le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, a lancé officiellement, le 20 mai au village Mbindjo (district de Mokeko), dans le département de la Sangha, les travaux d’aménagement et de bitumage de la route Ouesso-Pokola, longue de 47 km, avec construction d’un pont de 616 m sur la rivière Sangha. Un projet intégrateur dont l’ambition majeure est de redonner au Congo sa vocation de pays de transit.

Financés entièrement par la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) à hauteur de 99 700 000 000 FCFA, les travaux de la première phase du projet d’aménagement et de bitumage du corridor 13, Ouesso-Bangui-N’Djamena, sont confiés à la société China road and bridge corporation (CRBC) pour une durée de trois ans. Ils prévoient, entre autres, le bitumage de la section Ouesso-Pokola ; la construction de trois ponts majeurs dotés d’une structure mixte constituée des poutres métalliques surmontées d’une dalle de hourdis en béton armé.

Il est également prévu la construction d’un poste de pesage des essieux; de 8,5 km de voiries urbaines avec éclairage à Pokola. Selon le délégué général aux Grands travaux, Oscar Otoka, il y aura aussi la dalle en béton armé du tablier, portée par deux poutres métalliques de 3,6 m de hauteur, avec une épaisseur de 25 cm. « Cette route d’intérêt sous régional qui vient concrétiser l’ambitieux programme d’investissements que le gouvernement, fort des objectifs, enjeux et défis d’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine, entend mettre en œuvre pour développer et moderniser tous azimuts le réseau routier national en vue d’améliorer la connectivité nationale et régionale », a rappelé le délégué général.

Louant les efforts du gouvernement et de ses partenaires, le sous-préfet de Mokeko, Odile Kinzenzé Kossa, a indiqué que la construction du plus grand pont du pays sur la rivière Sangha va moderniser la liaison routière entre la République du Congo, la République centrafricaine et la République du Tchad en passant par Pokola avec ses voiries urbaines et le département de la Likouala. « Nous observons non sans faute que la notion de carrefour de la partie septentrionale du Congo, conférée au département de la Sangha dans sa globalité, revient particulièrement à Mokeko qui joue inéluctablement cette fonction. Le développement du district de Mokeko passe par celui de la route qui mène au désenclavement des bassins de production. Ce qui favoriserait les échanges commerciaux entre les différents pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) », a-t-elle souligné.

Augmenter la valeur annuelle des exportations des pays membres

 Le vice-président de la BDEAC, Jean Paterne Megné Ekoga, quant à lui, a déclaré que ce projet intégrateur permettra à la République centrafricaine et à la République du Tchad d’avoir une alternative d’accès à la mer par voie ferrée, voie routière et par voie fluviale. La République du Congo verra, de son côté, sa vocation séculaire de pays de transit et de transport multimodal renforcée. « Les avantages économiques, sociaux et environnementaux du projet confirment bien son importance pour le Congo en particulier et l’Afrique centrale en général. A travers la mise en œuvre de ce projet, le Congo participera à la réalisation des programmes intégrateurs en matière de liaison routière entre les capitales de la Cémac », a-t-il laissé entendre, réitérant l’engagement de son institution à œuvrer toujours aux côtés de la République du Congo.

Le ministre d’Etat, ministre de l’Aménagement du territoire, des Infrastructures et de l’Entretien routier, Jean Jacques Bouya, pour sa part, a estimé que la construction d’une route et d’un grand pont aux standards internationaux pour enjamber la redoutable rivière Sangha et relier ce département à son voisin la Likouala permettra, à terme, de connecter non seulement le Congo à la Centrafrique, mais aussi de participer à la connexion du Nord au Sud de l’Afrique par le centre. « Cette route vient compléter la chaîne des infrastructures de transports terrestres de nature à restituer au Congo sa vocation d’un pays de transit, offrant une plaque tournante d’échanges intra et extra pays, à partir du port autonome de Pointe-Noire », a précisé le ministre d’Etat.

D’après lui, le rapport 2018 de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale sur l’étude économique du projet de la route Ouesso-Bangui-N’Djamena ainsi que de la navigation sur le fleuve Congo et ses affluents, les rivières Oubangui et Sangha, révèle qu’à la mise en service de la route, la valeur annuelle des estimations d’exportations des pays membres sera globalement plus élevée. Elle passera de 274 milliards 191 millions FCFA à 2 125 milliards 158 millions FCFA. Pour le Congo, on notera, a-t-il annoncé, une augmentation substantielle de 11%, soit de 20 milliards 688 millions FCFA à 694 milliards 218 millions FCFA.

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