POLITIQUE

La Fédération de l’opposition rejette la révision de la Constitution

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La Fédération de l’opposition congolaise regroupant l’Initiative pour la démocratie au Congo, le Front pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique et la Composante Jean-Marie Michel Mokoko a tenu la session ordinaire de son Conseil fédéral national le 5 décembre, à Brazzaville. A cet effet, elle a rejeté le processus de modification de la Constitution enclenchée par le gouvernement.

Douze points, tous adoptés, figuraient à l’ordre du jour de la session ordinaire du Conseil fédéral national de l’opposition congolaise, dirigée par son président, Clément Mierassa. L’opposition congolaise n’a pas adopté de recommandations phares à l’issue des travaux mais est revenue sur la détention de deux de ses membres influents, Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, qu’elle appelle à la libération pure et simple.

« S’agissant des prisonniers politiques, le Conseil national de l’opposition rappelle que le groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées a reconnu que la détention de Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa était arbitraire. Au Mali, Sénégal, RDC, en Guinée et dans d’autres pays, des mesures d’apaisement, de réconciliation nationale et de libération des prisonniers politiques ont été prises, mais aujourd’hui, le Congo fait tristement exception », relève le communiqué final des travaux.

La Fédération de l’opposition congolaise a, par ailleurs, décortiqué, point par point, le dernier message à la nation du chef de l’Etat. Sur le sujet, l’opposition radicale a fustigé la modification en cours de la Constitution du 25 octobre 2015, notamment en son article 157 sur la durée de l’état d’urgence sanitaire. L’opposition congolaise voit derrière ce processus le début d’une manoeuvre politicienne qui pourrait s’étendre à d’autres articles de la loi fondamentale, au profit d’une infime minorité.

« Sur la révision de la Constitution du 25 octobre 2015, le Conseil national de l’opposition rappelle aux Congolais que le Congo caracole tristement au faîte des pays d’instabilité constitutionnelle. La Fédération de l’opposition congolaise désapprouve et condamne fermement cette révision qui n’est simplement qu’une manœuvre politicienne du pouvoir pour matérialiser ses ambitions politiques », a indiqué Clément Miérassa.

Mauvaise gouvernance et enrichissement illicite

Même si l’économie congolaise semble se remettre progressivement de la récession, avec une croissance qui est passée à 0,5% en 2021, contre -6,2% en 2020, Clément Mierassa estime que le Congo a de sérieux problèmes de gouvernance qu’il faille régler en urgence. Il a cité en premier la corruption pour laquelle le Congo, selon lui, ferait partie du Top 10 des pays d’Afrique les plus corrompus.

« La crise économique que le Congo traverse n’est pas tombée du ciel, elle est plutôt causée par un groupuscule de dignitaires. Si l’opposition avait une mesure à prendre, c’est de traquer tous ceux qui ont mis le Congo par terre pour qu’ils répondent afin d’être punis sévèrement conformément à la loi », a déclaré l’orateur.

Le Congo étant toujours en pleine crise multidimensionnelle, a-t-il souligné, l’opposition congolaise réitère son appel au dialogue national, qui constitue, selon lui, l’unique voie de sortie à ladite crise.

D’autres caciques de l’opposition congolaise ont pris part à cette session ordinaire, parmi lesquels Charles Zacharie Bowao et Michel Mampouya.

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