SOCIETE

L’AAE estime que 90% des « bébés noirs » sont des enfants vulnérables

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L’Association les amis des enfants (AAE) a constaté, au terme des séances de sensibilisation des chefs de quartier et des parents aux arrestations illégales des mineurs à Brazzaville, que les « bébés noirs ou kulunas » étaient à 90% des orphelins et enfants vulnérables, incarcérés dans les postes de police.

Financé par l’Union européenne via les ONG Agir ensemble pour les droits humains et l’Observatoire congolais des droits de l’homme, le projet Pacte, réalisé par l’AAE, a permis de sensibiliser les chefs de quartier et parents des arrondissements 4 Moungali, 5 Ouenzé, 9 Djiri et 6 Talangaï. Ce projet, qui a pris fin le 28 mai dernier à Talangaï, visait à renforcer les capacités des chefs de quartier et des parents sur les textes portant protection et droits de l’enfant ; les associer à la lutte contre les arrestations illégales des mineurs dans les lieux de privation de liberté.

« Au cours de cette séance, les causes de ces arrestations ont été évoquées, notamment l’irresponsabilité de certains parents ; la fragilité des institutions de protection de l’enfant ; le manque de programme éducatif ; de censure et de suivi des programmes détruisant l’éducation ; la non- application des lois par les services de police avec comme conséquence l’augmentation de la délinquance juvénile dans tous les milieux », ont estimé les participants à la rencontre de Talangaï.

Cela justifie, ont-ils estimé, le nombre impressionnant des mineurs dans les postes et commissariats de police, dépassant les délais de garde à vue. La plupart de ces enfants étant des orphelins. Pour aider les participants à comprendre cette problématique, le coordonnateur du projet de l’AAE, Michel Carel Tsendou, les a invités à se référer aux différents articles de la loi Potignon afin de s’enquérir des dispositions y relatives.

Selon l’orateur, la place de l’enfant n’est pas dans les prisons ou les cachots. « L’enfant doit être bien élevé par sa famille, entouré de soins et voir ses droits accomplis », a-t-il dit. S’agissant des cas de tueries perpétrés par ces enfants, il a exhorté les participants à consulter les articles 73 et 79 de la loi Potignon qui donne une procédure judiciaire à suivre en présence de l’officier judiciaire, les parents ou tuteurs, le procureur de la République, le médecin commis, l’avocat et le juge du tribunal des enfants.

Le président de l’AAE, Ciani Quevai Yoka, a réaffirmé la vision de son ONG consistant à créer les centres d’éducation et de rééducation des mineurs. Pour y parvenir, il entend se rapprocher des bailleurs de fonds et de l’Etat congolais afin de mobiliser des moyens financiers et matériels. « Le but étant aussi d’accompagner l’Etat qui a beaucoup de choses à faire », a conclu le président de l’AAE.

Dans l’optique d’aider le public à connaître les droits des enfants et les adolescents leurs devoirs, une bande dessinée intitulée « L’enfant d’avenir » a été distribuée aux participants de Talangaï et Djiri.

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