OPINION

L’art du culte du secret à la chinoise de Sassou Nguesso

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Pourquoi le président congolais a ajourné le réajustement de l’équipe gouvernementale?

C’est un secret que peu de gens connaissent: en ce qui concerne le remaniement de l’équipe gouvernementale ou la formation d’un nouveau gouvernement, Denis Sassou Nguesso n’aime pas travailler sous l’effet des pressions et des bruits de la rue congolaise. Le culte du secret à la chinoise est toujours de mise chez ce « Mwéné » initié à l’âge de 10 ans, c’est-à-dire membre de la confrérie des notables et grands juges de la société traditionnelle mbochie.

Un ancien ministre, partenaire politique du Chef pendant les moments de braise, aurait exigé de ce dernier, à l’issue de la guerre civile de 1997:  » ministre des finances ou rien »! Le président, qui tenait à nommer Mathias Dzon comme argentier, l’aurait fait attendre éternellement.

Un autre ancien ministre du professeur Pascal Lissouba, revenu au Congo à la faveur de la Réconciliation nationale, l’a appris à ses dépens après qu’il a fait transpirer, dans les « ngandas »(bistrots de fortune) et autres lieux de plaisance où s’exerce la puissance du « songui-songui » à la congolaise, une promesse de son come- back au gouvernement que lui aurait faite le président congolais au cours d’un entretien qu’il aurait eu avec ce dernier à Oyo. Il en est de même d’un ancien ministre, ami du Chef, qui se voyait déjà premier ministre avant même d’être officiellement nommé. L’homme s’était alors installé dans un 5 étoiles à Brazzaville, ingurgitant à petites doses son whisky. Le Dom Ruinart Rosé 2004, meilleur champagne au monde, était déjà au frais pour arroser sa nomination, confie un membre de sa famille. C’est un déluge qui s’est abattu sur sa tête lorsque c’est plutôt Clément Mouamba qui a été nommé comme premier ministre. Vrai ou faux? Les deux hommes sont toujours d’attente lasse.

Pendant qu’il fallait financièrement s’ajuster au cours de la période d’assèchement financier à Brazzaville, une réflexion est menée par des égéries du pouvoir pour procéder au resserrement de l’équipe gouvernementale. En bon notable, Sassou a renvoyé aux calendes grecques cette proposition. Aujourd’hui, lentement mais sûrement, le Congo se remet sur pied à la faveur de la remontée des cours du brut sur le marché international.

Un autre actif politique dans le compte de Denis Sassou Nguesso, la prime à la fidélité. Le cas Mvouba dont les illusionnistes annonçaient un end politique à l’assemblée nationale parle de lui-même. Contrairement aux bruits de la rue congolaise, il ne faut pas s’attendre à un remaniement d’envergure, comme le relèvent ces publications de gouvernement, fruit des laboratoires politiques et amuseurs publics, qui circulent sur les réseaux sociaux.

Collinet Makosso, Bouya, Mboulou, Gakosso, Andely, Mabiala, Ngouelondélé, Ibara Jean-Rosaire, Mokoki, Fylla, Matondo, Ebomé, Ngatsé, Ayessa, Mouthou, Ibombo…, devront bénéficier à nouveau de la confiance du Chef, qui, selon de bonnes sources, devrait solliciter le prolongement de son bail au Palais du Peuple en 2025. Qui vivra verra. Le seul départ pourrait être celui de Doukaga, promue au poste de Questeur à l’assemblée nationale. Reste quand même le cas Mbacka, le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, dont la gestion des élections n’est pas, à vrai dire, un franc succès. Partira t-il pour céder la place à Hugues Ngouelondele, à défaut de faire revenir Mboulou ou partira pas? Même Claude Alphonse Nsilou, qui se verrait, selon certaines indiscrétions, premier ministre après Makosso, devrait être reconduit.

Quant à la date, seul le Chef sait quand opérer par effet surprise. À son retour des vacances en Octobre? Fin de cette année ? À 2 ans de la fin de son mandat? Une énigme.

Peut-être, faudrait-il envisager, selon certaines indiscrétions, la désignation d’un ministre chargé d’assurer l’interrim de Doukaga, à défaut d’en nommer un. Par le passé, Rosalie Matondo et Ingrid Olga Ebouka Babackas ont déjà assuré l’intérim de leurs collègues Ingani et Dimou, sortis prématurément du gouvernement.

A. Ndongo, journaliste économique et financier Brazzaville Congo.

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