POLITIQUE

Législatives et locales 2022 : les femmes face aux enjeux électoraux

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Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, a lancé officiellement, le 7 juin au Palais des congrès de Brazzaville, la session de formations des femmes candidates aux élections législatives et locales des 4 et 10 juillet prochains.

Organisées par le ministère de la Promotion de la femme et de l’Intégration des femmes au développement en partenariat avec les agences du système des Nations unies, les formations visent, entre autres, à accroître la représentativité des femmes dans les organes de prise de décisions et de promouvoir leur participation à la vie publique.

Selon le chef du gouvernement, le but est de renforcer les capacités des participantes sur les concepts et les outils de base ; faire prendre conscience des enjeux de la représentation équilibrée homme/femme dans les organes de prise de décisions. Les autres attentes étant le renforcement des capacités managériales et organisationnelles des femmes lors des campagnes électorales ainsi qu’en matière de formulation d’une stratégie de campagne électorale et de sa conduite.

En effet, la République du Congo a adopté plusieurs textes relatifs aux droits des femmes tout en leur reconnaissant le droit de participer pleinement au processus de développement sans discrimination. « En investissant dans une participation politique qui tient compte de l’approche genre, notre pays se rapproche de la réalisation des droits humains fondamentaux des femmes et des filles ainsi que celui des Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 5 qui vise à parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles », a rappelé Anatole Collinet Makosso.

La sensibilisation, l’éducation et la formation sont, a précisé le Premier ministre, des composantes essentielles de toute stratégie visant à améliorer la représentation homme/femme dans les organes de prise de décisions à tous les échelons de la vie nationale. Il a enfin invité les femmes à la solidarité, à la persévérance et à la prise de conscience des mesures prises en leur faveur afin d’accéder dans le processus décisionnaire.

Le Congo, 167e au classement mondial de l’Union interparlementaire

Initiatrice du programme de formation, la ministre en charge des questions des femmes a rappelé qu’ en République du Congo les femmes représentent près de 52% de la population et sont présentes dans la quasi-totalité des secteurs vitaux du pays.  Mais, leur rang dans la société demeure encore de moins en moins valorisé en raison de leur présence insuffisante dans les sphères de prise de décisions à tous les niveaux. Dans le cadre du renforcement du statut politique de la femme, ce ministère entend organiser, dans la perspective des élections législatives et locales de cette année, un plaidoyer et un suivi de la révision du cadre légal et réglementaire des élections et l’amendement des statuts et règlements intérieurs des partis politiques ; la formation des formateurs.

La réalisation de toutes ces activités est, a-t-elle indiqué, d’une importance capitale car elle concourt à la promotion et à la représentation équitable homme/femme dans les sphères de prise de décisions publiques et administratives. « En effet, la réduction des parités liées au genre et le renforcement de la participation des femmes au développement sont essentiels non seulement pour la construction d’une société juste, mais aussi d’une condition préalable pour instaurer durablement la stabilité politique, sociale, économique, culturelle et environnementale entre les communautés de notre pays », a déclaré  Inès Nefer Bertille Ingani, précisant qu’en dépit de tous ces efforts réalisés, le Congo figure parmi les derniers pays en matière de représentation des femmes dans les postes de prise de décisions et dans les instances électives (167e place dans le classement mondial de l’Union interparlementaire).

D’après elle, la représentation actuelle des femmes au niveau du gouvernement et du parlement constitue un véritable handicap pour l’éclosion d’un leadership féminin au Congo et pour son développement inclusif.

Reconnaissant les efforts du pays en la matière, le représentant du Programme des Nations unies pour le développement, Maleye Diop, a rappelé la nécessité d’améliorer et d’encourager la participation des femmes en politique pour atteindre les objectifs de développement inclusif et durable. « Parmi les instruments les plus à même d’y contribuer se trouvent en bonne place les partis politiques », a-t-il déclaré.

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