SOCIETE

Les autochtones de Ouesso sont réticents aux soins modernes

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La population autochtone du département de Ouesso, chef-lieu du département de la Sangha est réticente à fréquenter les centres de santé pour souscrire aux services de soins. Cette couche de la population préfère recourir aux plantes traditionnelles pour faire face à leurs problèmes de santé.

Pour un chef d’une fratrie de la population autochtone Grégoire Epossi, « la volonté y est, mais nous hésitions à nous rendre dans les centres de santé pour souscrire aux vaccins et se faire consulter, faute de moyens financiers. Nos plantes médicinales, parfois ça soigne, d’autres jours il n’y a pas d’effet positif.

Grégoire Epossi a expliqué qu’à chaque fois que les autochtones se rendent à l’hôpital, les agents de santé n’hésite pas à leur demander de l’argent pour les soins médicaux.« Pourtant ils savent bien que nous nous débrouillons à exercer les petits métiers, qui nous permettent de subvenir aux moyens de nos familles », déplore-t-il.

Une infirmière du Centre de santé intégré de Mbindzo à Ouesso, Ida Sita Mpouna a révélé qu’elle vaccine nourrissons et enfants de cet arrondissement les mardis et jeudis. « Le nombre d’enfants que nous vaccinons par jour varie entre 30 et 20. Mais certains jours, les effectifs sont en deçà de 10 enfants ».

Ida Sita Mpouna a appuyé que la vaccination des enfants autochtones demeure un véritable challenge pour les femmes autochtones réticentes à venir dans les centres sanitaires pour faire vacciner leurs enfants. Ce qui pousse les professionnels de santé à se rapprocher d’elles pour les persuader.

Il s’inscrit parmi les mobiles de cette réticence à fréquenter les centres de santé, un fait révélé par l’infirmière. Ily a deux mois de cela, une manifestation de la fièvre sur un enfant autochtone vacciné, effet secondaire, avait suffi pour que la mère et l’enfant disparaissent définitivement, absent à la poursuite du cycle de vaccination telle le recommande les services sanitaires.

Pour le Chef du Centre de santé intégré de Zalangoy, le Dr Eno Aboni, la vaccination se déroule normalement et en conformité du schéma national de vaccination, qui prescrit la vaccination dès la naissance du vaccin Billé de Calmette et Guérin (BCG), polio oral zéro puis de l’hépatite B. Ce n’est qu’au 2ème mois que le nourrisson aura droit à d’autres types de vaccins. Entre autres, Lavalette, la petave la lavalette, le rappel de polio.

Il existe pourtant des autochtones proches des centres de santé qui eux, viennent quand même se faire consulter lorsqu’ils ont des soucis de santé. « Cette attitude est due à la proximité qu’ils ont des bantous », dit-il.  Quant à ceux qui vivent à plusieurs kilomètres de l’aire de santé, les équipes de santé se voient dans l’obligation d’aller, une fois par mois, les consulter dans leurs lieux d’habitations. Même système pour leur administrer des vaccins. Il faudrait user des stratégies mobiles avancées.

Le Dr Eno Aboni dissipe toute malentendu sur la prise en charge sanitaire de la population autochtone. Il éclaircit l’opinion en rappelant que la gratuité existe sur la souscription au vaccin, sur la prise en charge des enfants de 0 à 15 ans par le gouvernement en cas de paludisme. Outre ces mesures, les soins concernant les autres types de maladie en plus de la consultation, sont aussi  gratuits pour  cette frange de la société qui bénéficie également de la disponibilité des produits pharmaceutiques.

Le médecin rassure  l’équité dans l’accessibilité de soins de santé de base entre les autochtones et les bantous, justifiant ainsi le comportement manifeste des autochtones à fréquenter les services de santé par la conservation de leurs valeurs culturelles. Ils s’obstinent  de s’adapter aux réalités de la société moderne.« Nous devons les sensibiliser à l’importance du vaccin, à la nécessité pour eux de  faire vacciner leurs enfants. Et l’Etat doit nous accompagner dans la conscientisation de la population autochtone ».

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