ECONOMIE

Les défis de la présidence congolaise de l’Opep

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L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) fait face, en ce début de l’année 2022, au défi de la reprise de la demande d’or noir après le choc de la crise sanitaire. Lors de la première réunion sous la présidence congolaise de l’Opep en visioconférence, le 3 décembre, le ministre des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, a insisté sur le dialogue entre les pays producteurs et les consommateurs.

La République du Congo a la mission de porter la voix de l’Opep pendant les rencontres internationales durant les douze prochains mois. Le principal défi, à en croire Bruno Jean Richard Itoua, est l’ouverture du dialogue entre les producteurs de pétrole et les consommateurs, en vue d’assurer l’équilibre du marché pétrolier et de répondre à des préoccupations liées à la transition énergétique.

L’Opep doit jouer son rôle de régulateur du marché pétrolier dans le but d’en assurer la stabilité, l’évolution de la production et des prix. « Nous agissons sur l’offre et la demande. En même temps que nous agissons sur l’offre, nous regardons aussi la demande. C’est pour cela, qu’il faut tenir ce dialogue entre les producteurs et les consommateurs. La présidence congolaise devra créer les conditions pour que le marché soit rassuré par les décisions de l’Opep », a indiqué le ministre congolais des Hydrocarbures.

Cette présidence de l’Opep est surtout une occasion pour le gouvernement congolais d’accroître la visibilité du pays, de nouer de partenariats avec d’autres pays pétroliers et d’attirer de nouveaux investisseurs dans la destination République du Congo. Il faut savoir que le Congo est confronté à la rareté des ressources due principalement à la crise économique aggravée par la pandémie de covid19.      

Un autre défi de la présidence congolaise est celui d’expliquer la vision de l’Opep sur la transition énergétique et son choix du mix énergétique. L’organisation se dit être interpellée par les alertes données par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur les effets dévastateurs des activités de l’énergie fossile (pétrole, gaz, charbon). Parmi les mesures suggérées par le GIEC figure la limitation de la production de l’énergie fossile, à l’origine de l’émission de gaz à effet serre.    

« Nous estimons, au niveau de l’Opep, que cette proposition n’est pas possible, car la demande actuelle en énergie ne peut être couverte uniquement par les énergies renouvelables. Nous avons encore besoin de mix énergétique composé en grande partie du pétrole et du gaz, ainsi que de l’énergie renouvelable. Et nous pouvons neutraliser les émissions de carbone, grâce à la séquestration de carbone par le biais de l’agroforesterie », a estimé Bruno Jean Richard Itoua.

Rappelons que la première réunion extraordinaire de l’Opep sous la présidence congolaise était consacrée à la désignation du nouveau secrétaire général, le Koweïtien Haitham Al Ghais, en remplacement du Nigérian Mohammed Barkindo dont le mandat arrivera à terme en août prochain. Le secrétaire général de l’Opep n’a pas de pouvoir exécutif, mais représente la figure publique de l’organisation et fait parfois office de diplomate pour faciliter les discussions entre des parties.     

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