ACTUALITE

Lutte contre les médicaments falsifiés : l’Initiative de Lomé célèbre son deuxième anniversaire

• Bookmarks: 7253


À l’occasion du deuxième anniversaire de l’Initiative de Lomé, impulsée par la Fondation Brazzaville, et lancée par six chefs d’État africains, dont le président Denis Sassou N’Guesso, lors du sommet de Lomé, le 18 janvier 2020, c’est l’heure d’un premier bilan d’étape. Jean-Yves Ollivier, président fondateur, bat le rappel des troupes.

Depuis bientôt deux ans, la pandémie liée à la covid-19 a impacté le secteur de la santé de manière drastique. En cette période de crise sanitaire mondiale, les risques de trafic de faux médicaments sont encore plus élevés, note la Fondation Brazzaville, notamment en raison de la prolifération du crime organisé.

Il y a donc une nécessité pour les pays africains de rejoindre l’Initiative de Lomé concernant l’engagement de criminaliser de manière plus harmonisée le trafic de faux médicaments « sur un fondement politique fort », avait  déclaré à l’époque Faure Gnassingbé, le président du Togo.

La chloroquine et l’hydroxychloroquine, notamment vantées pour leurs bienfaits contre la covid-19 (mais dont l’efficacité a montré ses limites), sont vendues de manière falsifiée par des bandes criminelles sur le continent africain. 

En mars 2021, Interpol, l’organisation internationale de police criminelle, a démantelé un réseau criminel international de contrefaçon de vaccins contre la covid-19 en provenance d’Afrique du Sud et de Chine.

Le 21 avril 2021, la Gambie a annoncé son intention de rejoindre la République du Congo, le Ghana, le Niger, l’Ouganda, le Sénégal et le Togo au rang de signataires de l’Initiative de Lomé. La République démocratique du Congo et la Guinée-Bissau ont également manifesté leur intention de rejoindre l’Initiative.

Le 29 avril, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé son soutien à l’Initiative et au programme de lutte contre les faux médicaments de la Fondation Brazzaville, dans une lettre signée par le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, adressée à Jean-Yves Ollivier, président fondateur, et à Richard Amalvy, le directeur général.

Le 21 mai, le Pr Mijiyawa, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique de la République du Togo; Jean-Louis Bruguière, ancien juge antiterroriste et membre du conseil consultatif de la Fondation; et Richard Amalvy sont intervenus à l’événement parallèle à la 30e Commission pour la prévention du crime et la justice pénale, organisé par l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime.

Le 26 mai, la Fondation Brazzaville a obtenu le statut d’observateur auprès du Comité des Parties de la Convention Medicrime, élaborée par le Conseil de l’Europe dans le but de renforcer la criminalisation du trafic de médicaments falsifiés au niveau mondial.

En 2022, la Fondation Brazzaville continuera à soutenir les pays signataires de l’Initiative de Lomé dans le cadre d’un programme coordonné 2022-2024 qui prévoit l’élaboration et la mise en œuvre de plans nationaux de lutte contre les médicaments falsifiés et de qualité inférieure.

Ces plans nécessitent de créer des processus de réglementation et de supervision, pour cela ils ont besoin de personnes qualifiées et intègres pour les mettre en œuvre et les maintenir. Il faut aussi imaginer les moyens d’implanter des unités de production au niveau national en lien avec les acteurs de l’industrie pharmaceutique. Et bien sûr évaluer la réussite du programme puis réajuster la stratégie au regard des spécificités nationales et des retours d’expérience.

Les plans nationaux s’articuleront autour de trois domaines d’action complémentaires qui sont la santé publique, la sécurité et l’Etat de droit. Les cibles prioritaires sont les femmes qui sont à la fois acheteuses et vendeuses de médicaments falsifiés ainsi que les jeunes qui ont la capacité de changer les comportements d’achat.

Pour Richard Amalvy, la compréhension du schéma de la chaîne d’approvisionnement est primordiale et rappelle : « pour lutter contre le trafic de médicaments falsifiés et de qualité inférieure, il convient de comprendre le fonctionnement de l’approvisionnement pharmaceutique à chacun de ses niveaux ».

De ce fait, le directeur général  insiste sur l’implication des forces de sécurité et douanes ; ordres professionnels dans les métiers de la santé et du droit ; représentants de l’industrie pharmaceutique ; gestionnaires d’hôpitaux, des centres de santé et de pharmacies.

7 recommended
0 notes
bookmark icon

Write a comment...

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.