OPINION

Modification de la constitution : Entre Pct, Upads et Yuki, nous vivons des temps curieux

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La conscience est désormais une terre étrangère pour les congolais. Dans un pays où les populations glissent imperceptiblement vers les bas-fonds d’une misère chaque jour plus évidente, le Président, le Gouvernement et les pseudos parlementaires de la majorité comme ceux de l’opposition, bottent en touche et passent leur temps à pérorer sur des sujets niais.

Pourquoi continuer de nous bassiner avec d’état d’urgence quand les boites de nuit tenues par certains officiers de notre armée dans les quartiers nord de Brazzaville sont ouvertes 24h/24, les bus gérés par l’état ne sont pas soumis à la jauge imposée aux transporteurs privés et quand l’état autorise les populations à faire la bamboula les 25 et 31 décembre ?

Dire que l’organisation de l’état d’urgence coute cher à l’état parce qu’il nécessite la convocation des élus est un prétexte fallacieux puisque l’article 157 de la constitution de 2015 stipule que si le Parlement ne peut siéger, le Président de la République peut décider du maintien de l’état d’urgence ou de l’état de siège.

Les vraies raisons du passage de 20 à 90 jours de l’état d’urgence sont ailleurs. L’article 78 de la constitution de 2015 « stipule qu’en cas de vacance de la fonction de Président de la République, par décès ou par toute autre cause d’empêchement définitif, les fonctions de Président de la République, sont provisoirement exercées par le Président du Sénat » or l’article 79 de la même constitution stipule que « L’intérim ne peut excéder 90 jours, l’élection du nouveau Président de la République a lieu, sauf cas de force majeure dûment constatée par la Cour constitutionnelle, 45 jours au moins et 90 jours au plus suivant l’ouverture de la vacance ».

Donc modifier l’article 157 en repoussant l’état d’urgence à 90 jours devrait en réalité créer des failles juridiques qui devraient empêcher le Président du Senat qui normalement devrait assurer l’intérim (si les militaires et le clan des Oyocrates sont lucides, ce que je ne crois pas) d’organiser d’une nouvelle élection dans les délais prescrits ou simplement d’assurer l’intérim.

Donc, une fois que ce maudit article sera modifié, M. Sassou Nguesso pourrait commencer à organiser sa succession sans que cela ne désorganise le fonctionnement de l’état.

Si ces mistigris du PCT, un parti dont les mœurs politiques jocrisses sont celles des émeutiers du bons sens ne nous étonnent pas ; par contre, le vote des parlementaires de l’Upads et du Yuki de ce texte criminel est vraiment pitoyable.

D’un Pascal fondateur du parti à l’autre Pascal fin manœuvrier à l’âme insondable, l’Upads n’est plus qu’une lointaine évocation de sa rectitude morale. Quelle honte pour les militants et le Premier Secrétaire qui souligne l’obligeante loyauté du parti à la majorité présidentielle, pour laquelle la participation au gouvernement est une contrepartie évidente.

La disparition des grands ténors de l’Upads n’ayant pas connu de compensation, la contenance de Tsaty Mabiala dont l’évangile en matière d’opposition est le minimum syndical, est une gageure. La fortune de l’homonymie avec Lissouba fondateur de l’Upads, n’a rien d’obligeant. Ce chefaillon a donc cassé un parti capable de se relancer, pour avoir des avantages exclusifs. Combien rétribue-il l’atomisation de Pascal Lissouba, géant vainqueur de toutes les élections démocratiques de notre pays ?

Quant aux 2 députés de l’Udh-Yuki (Bacongo 1 et Mfilou 1) qui ont trahi l’idéal pour lequel leur Président est mort avant même son inhumation, je n’éprouve que du mépris. « Je ne me serais pas battu pour rien, battez-vous. Faites-moi plaisir. Je me bats sur le lit de mort, vous aussi battez-vous pour votre changement. Allez-y, il en va de l’avenir de vos enfants. Battez-vous ! Merci ! » disait Pako. Malheureusement, tous ces épigones de Guy Brice Parfait Kolelas sont devenus des laudateurs de M. Sassou Nguesso et ne se battent que pour leur estomac.

L’attitude minable de ces chiroptères politiques qui, à quelques mois des élections législatives et municipales, accompagnent de façon moutonnière le PCT, un parti qui dispose d’une meute écrasante à l’assemblée nationale et au sénat, est affligeante.

On peut aisément comprendre que, dans ce pays où la liste des élus est dressée à la Présidence de la République, tous ces boutiquiers politiques cherchent avant tout à approvisionner leurs comptes en banque et à conserver leur maroquin, au détriment de l’avenir et du destin de la Nation.

Que Dieu bénisse le Congo-Brazzaville. L’empire du mal sera vaincu.

Laurent DZABA
Président du Mouvement Panafricain et Citoyen

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