ECONOMIE

Production d’huile de palme : le Congo renforce la protection des communautés locales

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L’expansion des plantations des palmiers à huile dégrade le niveau de vie de la population riveraine et le paysage forestier. Les représentants des communautés locales et autochtones, des pouvoirs publics, ainsi que des partenaires se sont réunis, le 18 août à Brazzaville, pour adopter un cadre légal de protection de ces paysans vulnérables.

La rencontre à laquelle participent les représentants des ONGs internationales World ressources institute (WRI) et Proforest vise à examiner et valider le projet des directives nationales pour l’obtention du Consentement, libre, informé et préalable(Clip) dans le cadre de développement des projets agroindustriels en République du Congo. Durant les deux jours des travaux, les participants tenteront d’élaborer une feuille de route pour la mise en œuvre de cette norme.

L’idée de l’adoption d’un outil de protection de population riveraine des zones industrielles est née à la suite de la signature, en 2016, de la Déclaration de Marrakech pour le développement durable du secteur de l’huile de palme en Afrique. Le gouvernement congolais s’était alors engagé à transformer la filière, à travers la mise en place d’une plateforme nationale pour l’Initiative d’huile de palme durable en Afrique (APOI) et l’élaboration de dix principes nationaux pour le développement durable du secteur d’ici 2030.

L’introduction du principe de Clip dans le nouveau code forestier de 2020 a été saluée par les partenaires au développement. La forte participation des associations paysannes, des experts locaux, des sociétés privées du secteur et des administrations publiques dans le processus d’élaboration des directives nationales pour l’obtention du Clip constitue une avancée majeure, a souligné Teodyl Nkuintchua de WRI. Le succès de ce projet pourrait contribuer à faire du Congo un modèle de la sous-région en matière de protection des droits des communautés locales et de la conservation de la biodiversité.   

Le nouveau cadre légal va combler le vide concernant l’encadrement des pratiques agricoles durables dans le pays, a déclaré le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, Pascal Ongoka, à l’ouverture des travaux. « Leur utilisation devra permettre au Congo de produire et commercialiser une huile de palme responsable et durable d’ici 2030. À cet effet, nous souhaitons une mobilisation accrue de l’ensemble de nos partenaires locaux, nationaux et internationaux, chacun dans son domaine de compétence », a lancé Pascal Ongoka.

Il faut souligner que le document examiné comprend quatre parties : la première présente les dix étapes pour demander, obtenir et suivre le Clip dans un projet agro-industriel ; la deuxième est consacrée aux mécanismes de gestion des plaintes et des orientations pour saisir ces mécanismes ; la troisième partie est dédiée au cadre institutionnel de mise en œuvre des directives et la quatrième définit les principes, critères, indicateurs et vérificateurs utilisables par toutes les parties prenantes désireuses de mesurer le niveau de satisfaction, par le promoteur de projet agro-industriel, des exigences de ces directives.  

Mais pour le directeur général de l’Agriculture, Paul Raphaël Ongouala, les directives en cours de préparation doivent également s’appliquer aux filières cacao, café, tabac. Elles doivent favoriser le déplacement de ces industriels des zones forestières vers les régions savanicoles.    

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