POLITIQUE

Quand Sassou se plaint de la corruption qu’il entretient pourtant

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Le gouvernement n’ose pas, et aucune action d’envergure en justice !

On craint que cela soit bientôt un disque rayé! Depuis sa prestation de serment en avril 2009, le chef de l’Etat congolais revient régulièrement et, à la moindre occasion, à la lutte contre la corruption. A chaque occasion, il interpelle les cadres, dont les magistrats qui seraient incapables d’ouvrir des enquêtes sur ce sujet.

Dans son message du lundi 28 novembre, Denis Sassou N’Guesso est revenu sur cette affaire de corruption et de fraude, savamment entretenue par les cadres de l’administration publique qui ponctionnent des commissions à tout-va.

Des hauts cadres, pas seulement les petits plantons qui prennent 500F CFA pour faire passer l’investisseur à une audience. Mais les ministres, les directeurs de cabinet, les conseillers, les directeurs généraux et centraux qui prennent des commissions dans les projets de développement du pays.

Sassou N’Guesso a qualifié cela de « comportement rétrograde » ! Des boukouteurs infatigables, des roitelets de toutes les sauces !

Le président de la République le sait. Il a forcément des noms de tous ces Kuluna en col blanc. Il enjoint le gouvernement de Anatole Collinet Makosso de bouger pour faire pression sur la justice !

Il est temps de livrer les noms de gros poissons à la justice nationale. Le moindre soupçon suffira à un magistrat expérimenté pour ouvrir une information judiciaire.

Le Premier ministre redoute-t-il trop de privilèges dont se sont entourés les hauts cadres de la République pour se barricader d’éventuelles investigations des juges ? Par le passé, c’est feu Simon Foutou qui s’était heurté à André Okombi Salissa.

Dans ses débuts, le Premier ministre avait posé à ses ministres une question très embarrassante : quelle est votre perception de la corruption ? Les réactions des uns et des autres lui ont certainement fait perdre la face sur ce terrain,…assez minée ! Une matrice nourricière !

Et la justice elle-même, que fait-elle ? Tous ces magistrats aux titres ronflants, pourquoi n’osent-ils pas ? Sont-ils aussi assis à la table des commissions et des 10% pour ne plus avoir le courage d’ouvrir les enquêtes ? Ou bien c’est l’autorité qui les nomme qui les ballonne presque aussitôt après ?

Dans tous les cas, la justice paraît bien complaisante ! Les plus durs disent même que les magistrats sont eux-mêmes corrompus jusqu’à l’os !

En effet, quand on voit toutes ces négociations des montants pour accorder la liberté à un prisonnier, ces procès presque à l’envers pour donner raison à un homme riche !

Dans son message, le président Sassou N’Guesso promet du nettoyage à la prochaine session du Conseil supérieur de la magistrature. Par le passé, des procureurs et des présidents de tribunaux de très mauvaise réputation, tel qu’on le vit actuellement, ont été virés.

En 2018, Lamyr Nguele, alors président de la Commission nationale de lutte contre la corruption, avait constitué un dossier béton contre le ministre Jean Marc Tystère Tchicaya. La justice a pissé dessus, sans oser donner une suite. Et pour bien passer le message au peuple congolais qui attendait impatiemment, Nguele a été viré !

Les dossiers Christian-Roger Okemba ou Jean Didier Elongo (paix à son âme) sont les rares cas dans la justice congolaise. Arrêter et juger un haut cadre en fonction. Souvent, c’est quand le Parti et le sérail l’ont rejetée que la victime, fragilisée, tombe dans l’escarcelle de la justice. Sinon, Rien !

Depuis sa mise en place, la Haute autorité de lutte contre la corruption tourne en rond. Aucune enquête solide, alors que cette institution doit coûter chaque année au Congo, plus d’un milliard de francs CFA.

Le seul bilan qu’elle devrait présenter cette année, ce serait forcément l’incendie, il y a une dizaine de jours, de ses locaux où seraient stockés des dossiers solides et éclaboussant !

« C’est l’opposition, la société civile et la presse nationale et internationale qui doivent en faire la dénonciation. Au Chef d’agir par des actes forts, peu importe celui qui commet le délit de prévarication: filles, fils, neveux, amis politiques… Ce n’est pas en regardant une femme qu’elle devient enceinte. Il faut agir. », Claude Ernest Ndalla, alias Graille, au procès des bombes à Maya Maya et au Ciné star. » estime le journaliste Alphonse Ndongo


©Arsène SEVERIN

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