POLITIQUE

Réduction des risques de catastrophes : le Congo réajuste ses stratégies

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Le 13 octobre de chaque année, la communauté internationale célèbre la Journée internationale des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes. A cette occasion, la ministre congolaise de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault, a rendu publique une déclaration au nom du gouvernement.

La journée consacrée cette année à l’objectif G du cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes 2015-2030, adopté en mars 2015, est célébrée sur le thème « Accroître considérablement la disponibilité et l’accès aux systèmes d’alerte précoce multirisque et aux informations et évaluations des risques de catastrophe pour les populations d’ici 2030 ». Ce cadre consiste à améliorer nettement, d’ici à 2030, la disponibilité et l’accès de la population aux systèmes d’alerte précoce multi-aléas ainsi qu’aux informations et évaluations sur les risques de catastrophe, a déclaré la ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo. Elle a précisé que l’urgence d’atteindre cet objectif a été renforcée en mars dernier par l’annonce faite par le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, selon laquelle « les Nations unies prendront la tête d’une nouvelle action pour garantir que chaque personne sur Terre soit protégée par des systèmes d’alerte précoce d’ici à cinq ans ».

« Notre pays, la République du Congo, célèbre cette journée dans un contexte marqué par la recrudescence de plusieurs phénomènes dont les conséquences pèsent visiblement sur le développement social et économique de notre pays. A côté de ces défis auxquels notre pays est confronté, c’est ici l’occasion de reconnaître les progrès réalisés pour réduire les risques de catastrophe et les pertes en vies humaines, en moyens de subsistance et en qualité de la santé. C’est également le moment pour nous d’identifier et d’analyser les faiblesses de nos différentes politiques et stratégies, de les réviser et de les réajuster au besoin, en vue de renforcer notre gouvernance en ce domaine », a expliqué la ministre.

Poursuivant la déclaration, Arlette Soudan-Nonault a fait savoir qu’une gestion efficace des risques de catastrophes demande au préalable une bonne préparation institutionnelle et technique, un financement adéquat et une forte collaboration entre les différents acteurs intervenant dans le domaine. C’est dans cette perspective que le gouvernement de la République, conformément à la vision du chef de l’État, Denis Sassou N’Guesso, a élaboré sa propre stratégie nationale de gestion des risques de catastrophes, accompagnée d’un plan d’action pour sa mise en œuvre.

Développer au sein de la population une véritable culture de réduction des risques

Conçue sur la base d’un diagnostic global, la stratégie nationale intègre les objectifs énoncés dans les différentes politiques publiques et les instruments d’intervention légaux et administratifs applicables à la gestion des risques de catastrophes selon l’approche recommandée dans le Cadre de Sendai, afin de développer au sein de la population une véritable culture de réduction des risques à tous les niveaux, a souligné la ministre. Une fois cette stratégie nationale mise en œuvre, les efforts seront consacrés à la mise en place, dans les prochains mois, d’un système d’alertes précoces multirisques, en vue de réduire les impacts des catastrophes sur le développement social et économique de l’État.

La protection contre les risques de catastrophes n’étant pas seulement l’affaire du gouvernement ou des experts mais l’affaire de tous, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo a appelé ses concitoyens à une prise de conscience générale et à une étroite collaboration entre les acteurs pour une réponse efficace. « Il ne s’agit plus, en effet, de savoir si des événements météorologiques extrêmes vont se produire, mais quand et avec quelle intensité ils vont nous frapper. Nous sommes donc contraints de nous adapter dans l’urgence à des risques dont nous ne sommes pas responsables mais dont les conséquences peuvent être destructrices : inondations, tornades, érosion côtière, éboulements de terrains », a  indiqué Arlette Soudan-Nonault.

Enfin, elle a signifié qu’à la COP27, qui s’ouvrira dans quelques jours en Egypte, les pays vulnérables, atteints ou menacés de dégâts irréversibles, dont le Congo, comptent bien mettre sur la table avec force la nécessité de financements additionnels pour pertes et préjudices. « Oui, les pays riches et pollueurs, premiers responsables du réchauffement climatique et de ses conséquences catastrophiques, doivent prendre leurs responsabilités et assumer l’impact de leur mégestion de l’environnement. Et cette responsabilité passe inévitablement par un soutien aux pays en développement menacés par les risques de catastrophe. Un soutien qui n’est pas une aide, mais la juste rétribution des services écologiques que nous rendons à la planète et un investissement de survie pour l’humanité », a conclu Arlette Soudan-Nonault.

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