POLITIQUE

Silence dans la majorité à la veille de la révision de la constitution

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Aucun cadre ni communicant de la majorité présidentielle n’ose parler Le parlement va se réunir en congrès ce vendredi pour adopter la révision de la constitution qui vise son article 157 sur l’état d’urgence ou l’état de siège. Le gouvernement qui a pris l’initiative de cette révision estime qu’il faut passer de 20 à 90 jours d’état d’urgence.

Mais, une bonne partie de l’opinion ne croit pas en la sincérité du gouvernement, et soupçonne des manœuvres plus profondes sur la constitution, pas loin d’un tripatouillage ! Certains font remonter les mauvais souvenirs de 2015, menaces politiques, violence policière et arrestation. A l’UPC de Paulin Makaya, par exemple, on ne veut rien entendre de tel.

Alors qu’il faut maintenant éclairer l’opinion, aucun cadre ni communicant de la Majorité présidentielle ne veut dire quelque chose. Motus et bouche cousue semble être la consigne. Les élus, députés et sénateurs, qui ont le dossier en main, bottent en touche la question. On ne parle pas avant le vote, nous narguent-ils, mais d’un air incertain quand même.

Dans les coulisses, quelques bavards expliquent que le seul point pour lequel le parlement va se prononcer, c’est bien la durée de l’état d’urgence. D’autres, ayant pris le risque de démarrer le débat sur le changement de constitution en 2015 ne veulent pas parler. Ils ne maîtrisent pas tous les contours de cette affaire, nous lâchent-ils.

Même à l’opposition institutionnelle, ça ne râle pas. Le chef de l’opposition congolaise attend lui aussi l’aboutissement de la séance de ce vendredi pour faire sa déclaration. Pour Clément Mierassa, on ne change pas, crise sanitaire ou pas. Et L’universitaire Grégoire Lefouoba de s’interroger philosophiquement : Est-ce pertinent ou est-ce opportun? A la manière de Martin Heiddeger, il se répond à lui-même : Ce n’est ni pertinent ni opportun de réviser !

Les juristes estiment que le gouvernement aurait plutôt proposé une loi sur la Santé, y insérer l’état d’urgence sanitaire, et proposer ainsi la durer à 90 jours. Sans désacraliser la constitution, la loi aurait réglé le problème. Avec un parlement totalement acquis à sa cause, la Majorité présidentielle s’est finalement résolue à ne rien expliquer, même pas à tordre le cou à tout ce qui se dit par ses détracteurs, notamment sur la succession au pouvoir.

Tous ces racontars ne trouvent donc pas de réponses précises et sincères du côté des communicants de la Majorité présidentielle. D’ailleurs, on n’en connait pas vraiment assez qui réagissent à tout-va ou à vau l’eau !

Il faut donc être patient et attendre l’ouverture ce vendredi à 14H00 la séance en question et écouter si réellement le seul point en examen ne concerne que le prolongement de 20 à 90 jours. Il parait que c’est fatigant pour les vieux élus de revenir tous les 20 jours pour voter la prorogation de l’état d’urgence.

@Arsène SEVERIN

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