SOCIETE

Tyson et les 3 autres policiers condamnés à la peine de 10 ans de travaux forcés chacun

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La justice a condamné ce mercredi 9 février à 10 ans d’emprisonnement les 4 agents de police tortionnaires dont le brigadier-chef Bobié Color, dit Tyson. Pour sa part, l’État congolais, employeur de ces personnes est condamné à la responsabilité civile d’indemniser les familles de victimes à hauteur de 20 à 30 millions de F CFA.

Le procès des présumés tortionnaires du viaduc de Talangaï-Kintélé ouvert le 02 février dernier au tribunal de grande instance de Brazzaville a connu son verdict ce 9 février. 

Deux des sept accusés tous civils ont été acquittés. Par contre, le brigadier-chef Bobié Color, alias Tyson, l’adjudant-chef de police Ngakegni Tadet, l’adjudant de police Gandou Charel et le brigadier-chef Makélé Eric ont été déclarés coupables des faits d’association de malfaiteurs et de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort et l’infirmité.

Ils ont été frappés par la rigueur de la loi. Ces agents de police ont chacun écopé d’une peine de 10 ans de travaux forcés. 

De son côté, l’État congolais, en sa qualité d’employeur de ces derniers, a été civilement condamné à indemniser les familles de victimes. Entre 20 et 30 millions de F CFA leur seront versés par l’Etat. 

À l’issue du procès, les avis ont été partagés par différentes parties impliquées dans ce processus. 

Selon Me Stève Herman Bagne, avocat de la partie civile, la sentence prononcée par le président de la cour d’appel de Brazzaville, Christian Oba laisse un goût d’inachevé. 

« On a reconnu la responsabilité pénale de ces accusés sous la responsabilité civile de l’Etat congolais a indemnisé chacune des victime la somme de 30 millions de FCFA bien que nous avions demandé un peu plus, c’est-à-dire 500 millions de FCFA, parce que ce sont des jeunes gens à fleur d’âge ils ont l’usage de leurs jambes et autres, ils ne pourront plus se maintenir debout ça devient une infirmité permanente durant toute la vie. 30 millions ? c’est juste une somme de consolation sinon ça ne pourra pas remplacer les jambes de mes clients même si on pourrait acheter les prothèses”, a-t-il déclaré. 

Pour la partie défenderesse, le jugement n’a pas été équitable. « J’ai plaidé non coupable pour les 3 infractions qu’ils étaient poursuivis malheureusement la cour les a reconnu coupables des faits, et je ne suis pas satisfait. Je vais exercer une voie de recours qui m’est réservé, c’est le pourvoi en cassation devant la cour suprême« , s’est exprimé Me Essau, avocat de la défense

Même son de cloche du côté de l’Etat congolais qui s’indigne du sort qui lui a été réservé, soulignant qu’il s’agit de crimes personnels. 

“Je regrette la décision qui a été rendue en ce qu’elle a condamné l’Etat en sa qualité de civilement responsable de verser des sommes d’argent aux parties civiles. Je ne dis pas que ces parties civiles n’avaient pas droit à une indemnisation, mais je dis et je reprécise il appartenaient aux accusés Ngakegni et autres de supporter les condamnations pécuniaires auxquelles la Cour les a condamné parce que ceux sont eux qui ont commis”, Me Jean Batsimba, avocat de l’Etat congolais.

Outre la condamnation pénale, ces 4 agents des forces de l’ordre encourent radiation des effectifs de la police nationale, avait annoncé le 13 janvier dernier le général Jean-François Ndenguet, commandement des Forces de police.

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