OPINION

Unité nationale, une vaste blague !

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Les hirondelles qui annoncent les mauvais printemps au nom de la nouvelle génération sont traitées différemment. Si le propos de M. Leonidas Mottom Mamoni va chercher dans les tréfonds de la bêtise, il n’est pas le pire.

Que dire des propos lénifiants des ministres Ibombo, Itoua et Bininga qui célébraient leur maintien au gouvernement avec des alléluias loufoques « c’est le Président qui nous a fait, donc on restera au gouvernement », défiants toutes les règles de la méritocratie.

Que dire de celui qui célèbre l’argent et énumère ceux qui, à eux seuls construisent des villages ? Le pouvoir ayant créé des milliardaires, devenus des sous-ministres de grands-travaux dans certains villages, laissant d’autres dans un état de délabrement total. De véritables inégalités territoriales et des citoyens à deux vitesses.

Que dire de leur aîné, Jean Richard Bruno Itoua qui, tout aussi franchement que M. Léonidas Mottom Mamoni nous dit en substance que la démocratie est une vaste blague, que le pouvoir est une possession définitive qui durera aussi longtemps que le PCT n’aura pas réalisé ce pays.
On voit bien que le développement du Congo est une affaire de lunettes grossissantes. Là où les Congolais se désolent de réalisations « petit poucet », lui voit une Amérique en miniature.

Décidément au pays du vol banalisé, de la morale transformée en serpillière, la félicité du pouvoir est un opium d’un calibre extrêmement dévastateur.

Aussi, quand M. Michel Ngakala passe en prime time sur télé Congo pour affirmer que le Président Sassou Nguesso était choqué par les propos de M. Léonidas Mottom Mamoni, nous nous demandons si ces personnes honnies par 98 % des congolais, sont bien conscientes de tout le mal qu’ils ont fait et continuent de faire au pays.

Aujourd’hui, il suffit de classer les généraux de nos Forces Armées et de notre Police par département et de lister les hauts fonctionnaires de notre administration et nos diplomates selon leurs origines ethniques pour se rendre compte de la franche banalité des propos de M. Léonidas Mottom Mamoni.

Depuis 1969, le Parti Congolais du Travail (PCT) a lâché dans la jungle politique, dans l’administration, l’armée et la police, une horde de minots et d’officiers biberonnés à l’idéologie tribaliste. Il devient donc difficile pour notre pays d’apprivoiser ces petits monstres zélés qui ne font que gerber les sourates bachotées dans les moutiers pernicieux. Autant de porte-paroles qui sèment en coulisse les germes de la haine et de la division du pays.

Quand on voit les différents responsables du PCT et ministres utiliser le mot Unité Nationale dans leurs différentes interventions, on comprend pourquoi ces mêmes personnes ont emmené des chercheurs de l’Université de Chicago, attraper le dinosaure imaginaire « Mokélé-Mbembé » dans la rivière Ngoko, aux confins du Congo.

Oui, quatre ministres de l’ethnie « beembe » ont suffi à ces gens qui vivent sur une autre planète, à inventer l’expression « bande des quatre » et qualifier le gouvernement Lissouba de gouvernement tribaliste Nibolek. Que dire du festival « mbochi » aujourd’hui ?

L’Unité Nationale n’existe que dans la tête du Président et celles de ses camarades. Puisque la domination ethnique permet de solidifier le clan, profiter de l’argent de la sueur des congolais et du sous-sol que nous avons tous reçu en héritage de nos ancêtres, ils ne peuvent en aucun cas arrêter cette machine démoniaque.

L’Unité Nationale ne se décrète pas, elle se vit. A ce jour, aucune preuve, aucun signe, ne montre véritablement que l’on a pris le bon chemin. Il faut donc arrêter de prendre les congolais pour des corniauds. Tant que ce système mortifère ne s’arrêtera pas, nous n’arrêterons pas non plus de le vitupérer.

Pauvre Congo qui depuis quelques années voyage dans les abysses de la perdition.

Que Dieu bénisse le Congo !

Laurent DZABA
Président du Mouvement Panafricain et Citoyen

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