SOCIETE

Violences en milieu scolaire : la compagnie Nsala prévoit une campagne de lutte contre le fléau

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En marge du lancement d’une campagne de sensibilisation et de lutte contre la consommation précoce d’alcool, de drogue et contre les violences en milieu scolaire au sein des établissements par le théâtre, la compagnie « Nsala » a fait une représentation sur scène, le 10 décembre à Brazzaville, de l’ébauche du projet devant quelques représentants du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (Mepsa) et du Conseil consultatif de la jeunesse.

Intitulée « Kouépè, chef de gang », la pièce de théâtre pensée par la compagnie Nsala que dirige Harvey Massamba regroupait sur scène de jeunes élèves turbulents, insoucieux de leur avenir et en proie à l’alcool, la drogue et la violence au sein de leur établissement. Entre drame et dérision, la pièce a duré environ une heure. L’objectif du projet étant de lutter contre ce phénomène sans cesse grandissant sur le territoire national et de faire comprendre aux élèves qu’une pagaille anodine peut vite devenir quelque chose de très sérieux comme un échec scolaire, conduire en prison, occasionner des pertes de vies.

« Aujourd’hui, ce n’est qu’une représentation de validation pour examiner si pédagogiquement le spectacle est au point pour l’emmener à l’école d’ici à janvier 2023. La violence en milieu scolaire prend des proportions inquiétantes dans notre pays et il faille que chacun de nous, à son niveau, fasse quelque chose. C’est pourquoi, la compagnie Nsala, qui a toujours collaboré avec le secteur éducatif, s’est vu interpeller à créer ce spectacle et à mettre en place une campagne que nous voulons sous le patronage du Mepsa, mais aussi du ministère de l’Enseignement technique, du ministère de la Jeunesse, de la primature… En bref, de toutes les structures en charge du bien-être et de la bonne évolution de la jeunesse congolaise », a confié Harvey Massamba.

Pour Joachim Mbenga, chef de service enseignement de base; Pierre Kidouri, chef d’antenne à l’Institut national de recherche et d’action pédagogiques et à la Direction départementale de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’Alphabétisation (DDEPSA) de Brazzaville ; Evariste Mondikabeka, chef de service orientation et œuvres scolaires à la DDEPSA-Brazzaville et Bertin Maboulou, chef de service à la DDEPPSA-Brazzaville, « Kouépè, chef de gang » est un spectacle instructif et conscientisant pour les apprenants, mais également les parents. Ce, en dépit de quelques amendements à effectuer pour une meilleure compréhension et acceptation par les élèves.

Il s’agit, entre autres, d’y ajouter un peu plus de sensibilité et de pugnacité pour toucher les élèves en proie aux violences, d’adapter le code vestimentaire par rapport à chaque cible, de mieux occuper la scène pour certains tableaux, insérer des séquences musicales instructives, enrichir davantage le texte et certains passages du spectacle, mieux travailler la fin du spectacle pour toucher l’âme du spectateur, etc.

Pour cette campagne, la compagnie Nsala entend débuter par la sensibilisation à travers la représentation théâtrale et une série d’échanges avec les élèves. Les rencontres commenceront dans les écoles publiques de Brazzaville, notamment neuf du primaire, neuf du collège et neuf du lycée. Puis, elles se déploieront à Pointe-Noire. Pour les écoles privées, la compagnie entend rassembler les élèves à un seul endroit. Le but final de ce programme est d’occuper les enfants en instaurant des ateliers artistiques au sein des établissements. « Nous pensons qu’il y a beaucoup d’enthousiasme et d’ignorance, mais aussi un peu de l’ennui dans la violence qu’engagent certains élèves. Si on peut les occuper après les cours par d’autres activités comme le théâtre, la danse, la musique, le slam, voire le sport, cela permettra probablement de sortir quelques-uns de ce phénomène. Le soutien de tout le monde est la bienvenue  », pense Harvey Massamba.

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